1- La notion de développement durable

La notion de développement durable est au cœur de la notion d’éco-habitat, car elle constitue le principe fondateur de la constitution des éco-quartiers et des villes durables. 

Selon le rapport Brundtland (1 987), le développement durable doit permettre de répondre aux besoins de développement du présent sans compromettre les capacités des générations à répondre aux leurs. 

Les piliers du développement durable

Une action tend vers le développement durable quand elle est à la fois : 

  • Viable économiquement ; 
  • équitable socialement ;
  • durable, c’est-à-dire viable d’un point de vue environnemental. 

2- Le label écoquartier

Au niveau de l’habitat : construire des logements économes en énergie,  utilisant par exemple des énergies renouvelables (panneaux solaires sur les toits par exemple). 

Au niveau des déplacements : la priorité doit être faite aux circulations douces (marche à pied, utilisation du vélo encouragée par le développement des pistes cyclables). L’utilisation de la voiture doit être limitée (circulation à vitesse très réduite, zones piétonnes, pas de place de parking individuelle) et les transports en communs doivent relier l’écoquartier au reste de la ville. 

Au niveau des déchets : réduire la production de déchets ménagers (recyclage, compostage).  Au niveau des espaces verts : développer les espaces verts afin de limiter l’impact des rejets de CO2 dans l’atmosphère et de créer des espaces de loisirs et de socialisation (jeux pour enfants, jardins partagés, etc.).

Et au niveau de la mixité sociale : les projets d’écoquartiers doivent intégrer une dimension sociale. Cela passe par l’intégration de logements dans les projets. 

Les étapes de la labellisation « écoquartier »

Il y a trois étapes dans le cadre de la labellisation écoquartier. 

La signature de la charte écoquartier 

La commune signe la « charte des écoquartiers« , ce qui signifie qu’elle s’engage dans cette démarche. Elle devient alors membre du « club national écoquartiers« , et peut compter sur un soutien méthodologique d’experts et des services de l’État afin de constituer le dossier de labellisation. 

L’engagement dans la labellisation 

Le projet est reconnu engagé pour la labellisation. Le ministère du logement évalue les objectifs du projet et peut certifier qu’il est engagé dans la labellisation. Une centaine de projets sont engagés dans la labellisation (120 000 logements).

L’attribution du label

L’état examine les actions que le projet met en œuvre pour décliner les 20 engagements du label écoquartier. A la lumière de cette expertise, l’état peut délivrer au projet le label écoquartier. Actuellement, près d’une cinquantaine de projets ont obtenu le label écoquartier (66 000 logements construits ou rénovés). 

Les limites et critiques des écoquartiers

Une faible implication des citoyens 

La conception des écoquartiers en France reste trop souvent centrée sur le rôle des acteurs publics et pas assez sur la prise en compte des attentes des citoyens. 

Des quartiers trop chers 

Les logements dans les écoquartiers sont chers et accusés de favoriser le regroupement de catégories sociales aisées. À Montpellier (écoquartier de Port-Marianne), les prix sont de 5 000 € le m(prix moyen dans la ville de 2 560 € du m2). Certaines communes, (Saint-Ouen, écoquartier des Docks), ont négocié avec les promoteurs afin d’éviter que les prix des logements ne soient trop élevés. 

Une appropriation des logements parfois difficile

Les habitants ont aussi parfois des difficultés à s’habituer aux nouvelles façons de vivre dans les bâtiments d’un écoquartier (entretien, consommations d’énergie et d’eau excessives). À Grenoble (écoquartier de la Bonne), premier écoquartier de France, les consommations d’énergie effectives sont ainsi supérieures aux prévisions (de 5 à 70 % selon les immeubles pour le chauffage). 

3- La construction des villes durables

L’urbanisation s’est développée au fil du 20e siècle, et la population urbaine est aujourd’hui majoritaire. 

Pourtant, les premiers travaux sur le développement durable traitent peu de la ville, et se contentent d’énoncer qu’il faut freiner les rythmes d’urbanisation. 

La charte d’Aalborg

Ce document constitue le premier manifeste de la ville durable et est une  « anti-charte d’Athènes« . La charte d’Aalborg fait l’éloge de la mixité fonctionnelle (regrouper sur un quartier ou un îlot les différentes fonctions de la ville), quand la charte d’Athènes séparait la ville selon ses différentes  fonctions. 

Ce document fut rédigé à Aalborg, en 1994, par des représentants de villes européennes qui s’engagèrent à promouvoir le développement des villes durables. 

La charte estimait que les villes avaient une large part de responsabilité dans la dégradation de l’environnement et qu’elles devaient agir pour se situer dans une démarche de développement durable. 

L’adoption de politiques d’aménagement visant à réduire les impacts négatifs sur l’environnement par : 

  • Le développement des transports en commun ;
  • la réduction des dépenses énergétiques ;
  • le développement de la mixité fonctionnelle. 

Le développement de l’accessibilité, la réduction des besoins de mobilité afin de limiter les déplacements. 

La substitution des modes de transports actuels (voiture individuelle par des transports en commun). 

La réduction d’émissions de gaz à effet de serre. 

La prévention maximale des rejets toxiques. 

L’implication des acteurs concernés, intégrant les citoyens dans la mise en œuvre des villes durables.